Tours Lydia Harambourg

LORJOU : La COULEUR, comme un CRI de RALLIEMENT…

Article de Lydia Harambourg au sujet de l’exposition au Château de Tours

Lorjou (1908-1986) l’homme témoin, l’engagé, le révolté face à toutes les injustices, pourfendeur des tartuffes de tous poils, bretteur de l’abstraction combattue jusqu’au procès qui l’oppose à Bernard Dorival en 1959, embrasse toutes les causes humanitaires. Ses armes ? La peinture.

La rétrospective réunit près de cinquante tableaux, une quinzaine de dessins prêtés par des collectionneurs qui démontre encore la diversité thématique et stylistique de son œuvre. Portraits, clowns, figures de hippies, paysages sont complétés par des peintures rattachées aux séries de Sabra et Chatila (1982), de la bombe atomique avec Hiroshima (1949 et 1968) inspirées par des événements d’une portée universelle. Tableau de chevalet ou fresque, le récit est au cœur d’une narration réaliste conduit dans ses extrêmes. L’aspect brutal est d’abord dans les tons purs, montés et contrastés. Le post cubisme dont l’artiste connaît les limites est stigmatisé par une palette fauve aux couleurs primaires. Forme et couleur se répondent dans leurs tensions respectives. La ligne en rupture permanente morcelle la forme à laquelle répond la couleur acrylique franche et pure, violemment posée sur le morcellement d’une scène qui refuse de rompre avec la réalité. Coloriste intuitif, il parvient à un chromatisme dont  ’audace n’est que l’expression d’une vérité dont sa peinture se veut l’exégèse. Les contrastes flamboyants accentuent l’hiératisme au service d’un gros plan niant toute perspective. Ils manifestent les forces de vie incarnées par ses personnages, son bestiaire dont il nous dit les contradictions, les terreurs comme les attentes. Pour Lorjou, la beauté est sœur de la liberté revendiquée dans une lutte permanente.

Des photos d’Eiji Shibanuma, qui a accompagné Lorjou à partir des années soixante témoignent des événements de sa vie.

Lydia HARAMBOURG